« Est-ce que j'ai bien fermé la porte ? »

Vous retournez vérifier. Elle est fermée. Vous repartez.

Puis une pensée apparaît : « Oui, mais est-ce que j'ai vraiment regardé correctement ? »

Vous revenez.

Ou peut-être n'y a-t-il aucune porte. La pensée est différente :

« Et si j'avais dit quelque chose de blessant ? »

« Et si j'avais fait une erreur ? »

« Et si cette pensée signifiait quelque chose sur moi ? »

« Et si je perdais le contrôle ? »

Vous cherchez une réponse. Vous analysez. Vous vérifiez. Vous demandez à quelqu'un : « Tu es sûr que tout va bien ? »

Pendant quelques minutes, le soulagement arrive. Puis le doute revient.

Ce qui devient épuisant n'est alors pas seulement la pensée. C'est tout ce qu'il faut faire pour réussir momentanément à ne plus douter.

Qu'est-ce qu'une pensée intrusive ?

Une pensée intrusive est une pensée, une image mentale ou une impulsion qui apparaît sans avoir été volontairement choisie et qui peut être ressentie comme étrange, désagréable, choquante ou contraire aux valeurs de la personne. Avoir une pensée intrusive ne signifie pas vouloir la réaliser.

Presque tout le monde peut avoir occasionnellement une pensée étrange ou indésirable.

Par exemple : « Et si j'avais oublié de fermer la porte ? »

Ou une image absurde, violente ou choquante peut traverser brièvement l'esprit.

Dans la plupart des situations, la pensée disparaît. La personne lui accorde peu d'importance.

Mais parfois, quelque chose change. La question devient : « Pourquoi ai-je pensé ça ? »

Puis : « Et si cette pensée signifiait quelque chose ? »

C'est à ce moment que la relation à la pensée peut devenir beaucoup plus importante que la pensée elle-même.

Une pensée signifie-t-elle que j'ai envie de faire quelque chose ?

Pas nécessairement. Une pensée peut être involontaire. Elle peut même être exactement contraire à vos valeurs.

Imaginez qu'une image choquante apparaisse dans votre esprit. Vous ressentez immédiatement peur, honte, dégoût, culpabilité.

La première réaction peut être : « Si j'ai pu penser ça, est-ce que cela signifie que je pourrais vraiment le faire ? »

Ce raisonnement peut devenir très angoissant.

Mais le fait qu'une pensée surgisse ne constitue pas à lui seul une intention, un désir ou un projet de passage à l'acte.

Vous pouvez lire à ce sujet pourquoi certaines pensées choquantes peuvent faire peur alors qu'on ne veut pas les réaliser.

Pourquoi certaines pensées restent-elles alors que d'autres disparaissent ?

Parce que nous ne réagissons pas à toutes nos pensées de la même manière.

Pensée A : « Je pourrais repeindre la cuisine en violet. » Vous n'aimez pas l'idée. Elle disparaît.

Pensée B : « Et si j'avais oublié quelque chose de dangereux ? »

Cette pensée touche peut-être votre responsabilité. Elle provoque une tension. Vous cherchez une réponse. Vous vérifiez.

La pensée devient alors importante. Nous pouvons simplifier le processus ainsi :

pensée → doute → anxiété → tentative d'obtenir une certitude → soulagement temporaire

Puis parfois : nouveau doute

C'est ce retour du doute qui peut commencer à créer une boucle.

Pourquoi vérifier soulage-t-il ?

Parce que vérifier apporte une réponse immédiate. « La porte est bien fermée. » L'anxiété diminue.

Le problème est que le cerveau peut apprendre : « Lorsque je doute, vérifier est ce qui me permet de me sentir en sécurité. »

La prochaine fois que le doute apparaît, l'envie de vérifier devient donc encore plus logique.

Une boucle peut s'installer : doute → tension → vérification → soulagement → nouveau doute → nouvelle vérification

Le comportement fonctionne très bien à court terme. C'est justement pour cela qu'il peut devenir difficile à abandonner.

Cet enchaînement est détaillé dans l'article expliquant pourquoi le besoin de vérifier peut devenir répétitif.

Pourquoi le doute revient-il ?

  1. Pensée / doute
  2. Anxiété / tension
  3. Vérification / rituel / réassurance
  4. Soulagement
  5. Le cerveau apprend : « cette action m’a protégé »
  6. Nouveau doute
  7. Nouveau besoin de vérifier
Schéma pédagogique simplifié. Toutes les pensées répétitives et toutes les habitudes de vérification ne correspondent pas à une problématique clinique.

Qu'est-ce qu'un rituel ?

Un rituel est un comportement ou un acte mental répété dans le but de réduire une inquiétude, une tension ou une incertitude.

Il peut être visible. Par exemple :

  • vérifier ;
  • laver ;
  • ranger ;
  • recommencer une action ;
  • relire ;
  • revenir sur ses pas.

Mais un rituel peut également être mental. Par exemple :

  • compter ;
  • répéter une phrase intérieurement ;
  • repasser une conversation dans sa tête ;
  • vérifier mentalement ses souvenirs ;
  • chercher exactement ce que l'on a pensé ;
  • neutraliser une pensée par une autre.

Les rituels mentaux sont parfois particulièrement difficiles à repérer puisqu'ils sont invisibles.

Est-ce qu'une habitude ou une routine est forcément un problème ?

Non. Nous avons tous des routines.

Vous pouvez vérifier une fois que votre porte est fermée. Vous pouvez aimer ranger certaines choses de manière précise. Vous pouvez relire un message important avant de l'envoyer.

Ce qui mérite davantage d'attention est la combinaison entre :

répétition + sentiment d'obligation + anxiété + perte de temps + retentissement sur la vie quotidienne.

Par exemple : « Je sais que j'ai vérifié, mais je dois recommencer. »

Ou : « Je sais que la probabilité est extrêmement faible, mais tant que je ne suis pas absolument certain, je ne peux pas passer à autre chose. »

Pourquoi 99 % de certitude ne suffit-il parfois pas ?

Parce que le problème devient précisément le dernier 1 %.

La personne peut savoir : « Il est presque certain que tout va bien. »

Mais une question subsiste : « Presque ? »

Elle cherche alors à transformer 99 % en 100 %.

Nouvelle vérification. Nouvelle recherche Google. Nouvelle question à un proche. Nouvelle analyse mentale.

Et pourtant, la certitude absolue sur tous les événements de la vie est impossible. Le système peut alors demander une réponse que personne ne peut réellement fournir.

C'est notamment pourquoi le besoin de certitude peut entretenir le doute.

Pourquoi demander à quelqu'un de me rassurer fonctionne-t-il si peu longtemps ?

La réassurance consiste à chercher auprès d'une personne, d'une vérification ou d'une source d'information une confirmation destinée à diminuer le doute ou l'anxiété.

Elle apporte généralement une diminution immédiate de l'inquiétude.

« Tu es sûr que je n'ai rien fait ? » « Oui. » Soulagement.

Puis : « Mais est-ce qu'il a vraiment compris ma question ? »

Ou : « Peut-être qu'il me rassure simplement pour être gentil. » Nouvelle demande.

La réassurance peut alors fonctionner comme une vérification effectuée par quelqu'un d'autre. Elle apaise rapidement. Mais elle ne développe pas nécessairement la capacité à tolérer le doute lorsque celui-ci revient.

Pourquoi essayer de supprimer la pensée peut la rendre encore plus présente ?

Parce que surveiller l'absence d'une pensée demande encore de lui accorder de l'attention.

Si vous décidez : « Il ne faut surtout plus que cette pensée apparaisse », vous devez régulièrement vérifier : « Est-ce qu'elle est encore là ? »

La pensée reste donc au centre de l'attention.

L'objectif ne consiste pas forcément à faire disparaître toutes les pensées intrusives. Il peut être de modifier la manière dont on répond lorsqu'elles apparaissent.

Que signifie « laisser une pensée être une pensée » ?

Cela ne signifie pas être d'accord avec elle. Cela ne signifie pas prendre un risque inconsidéré.

Cela signifie : ne pas traiter automatiquement chaque pensée comme une information exigeant une réponse immédiate.

Par exemple : « Une pensée vient de me dire que j'ai peut-être oublié quelque chose. »

est différent de : « Si j'ai cette pensée, je dois immédiatement vérifier. »

Cette différence peut paraître subtile. Elle est pourtant centrale.

Quelle approche thérapeutique dispose du meilleur niveau de preuve lorsque pensées et rituels deviennent très envahissants ?

Lorsque les difficultés correspondent à un tableau clinique important, une approche psychothérapeutique de référence est la thérapie cognitivo-comportementale avec exposition et prévention de la réponse, souvent abrégée TCC avec EPR ou ERP.

Son principe général est de travailler progressivement sur :

  • les situations déclenchantes ;
  • les pensées ;
  • le doute ;
  • l'anxiété ;
  • les comportements répétitifs.

L'exposition consiste à rencontrer progressivement certaines situations ou pensées anxiogènes.

La prévention de la réponse consiste à réduire le recours automatique au rituel ou à la neutralisation habituelle.

Le travail doit être progressif et structuré. Il ne s'agit pas de demander brutalement : « Arrêtez tous vos rituels aujourd'hui. »

Faut-il faire des exercices d'exposition seul ?

Lorsque les difficultés sont importantes, non.

L'exposition thérapeutique n'est pas : « Faites-vous peur et attendez que ça passe. »

Une TCC avec EPR est structurée. Elle prend en compte :

  • l'intensité ;
  • la hiérarchie des situations ;
  • les rituels visibles ;
  • les rituels mentaux ;
  • les évitements ;
  • la capacité de la personne à s'engager dans le travail.

Lorsqu'un comportement occupe beaucoup de temps, entraîne une forte souffrance ou réduit fortement la vie quotidienne, une orientation vers un professionnel formé à cette approche est importante.

Où se situe mon accompagnement ?

Je suis Julie Besson, praticienne en hypnose Ericksonienne et EFT-H®, également formée au RITMO® et à la PNL.

Mon travail peut porter, selon la situation, sur :

  • certaines réactions automatiques ;
  • les sensations ;
  • les émotions ;
  • la tension liée à certaines pensées ;
  • certains comportements répétitifs.

Je ne pose pas de diagnostic médical.

Je ne présente pas l'hypnose, l'EFT-H®, le RITMO® ou la PNL comme des remplacements de la TCC avec exposition et prévention de la réponse lorsque celle-ci est indiquée.

Lorsque la situation nécessite une prise en charge clinique spécifique, une orientation vers un professionnel de santé ou psychologue formé est importante. Mon accompagnement est présenté sur la page accompagnement des pensées qui reviennent en boucle.

Quand consulter un professionnel de santé ou un psychologue ?

Une évaluation est particulièrement pertinente lorsque :

  • les pensées deviennent très envahissantes ;
  • les vérifications sont répétées de nombreuses fois ;
  • les rituels occupent une part importante de la journée ;
  • vous évitez de nombreuses situations ;
  • vous avez besoin de demander constamment à votre entourage de vous rassurer ;
  • le sommeil est perturbé ;
  • les études ou le travail sont affectés ;
  • les relations deviennent difficiles ;
  • la détresse devient importante ;
  • des symptômes dépressifs apparaissent.

Quelques définitions

Vérification répétée : une vérification devient répétitive lorsque la réponse obtenue ne produit pas suffisamment de certitude durable et doit être recherchée encore et encore.

À retenir

  • Une pensée intrusive n'est pas automatiquement une intention.
  • Le problème n'est pas toujours la pensée elle-même, mais la signification qu'on lui donne et ce que l'on se sent obligé de faire pour obtenir du soulagement.
  • Une vérification peut réduire l'anxiété à court terme tout en renforçant le besoin de vérifier la fois suivante.
  • La certitude absolue est rarement accessible.
  • Lorsque pensées et rituels deviennent très envahissants, la TCC avec exposition et prévention de la réponse fait partie des prises en charge psychologiques de référence.

Accompagnement à Strasbourg et en visioconférence

J'accompagne notamment les personnes confrontées à des pensées ou réactions qui continuent de s'imposer malgré leur volonté consciente de changer.

Vous savez que vous avez déjà vérifié, mais le doute revient malgré tout ?

Nous pouvons commencer par identifier précisément ce qui se déclenche, les réactions qui suivent et déterminer si mon accompagnement correspond à votre situation ou si une prise en charge plus spécialisée est préférable.

Sources et références

  • Assurance Maladie — dossier officiel sur les pensées obsédantes, comportements répétitifs et prises en charge.
  • NICE — recommandations cliniques concernant les pensées répétitives, comportements répétitifs et traitements psychologiques.
  • NHS — informations sur pensées intrusives, rituels et thérapie cognitive et comportementale avec exposition et prévention de la réponse.
  • Inserm — dossier scientifique sur pensées répétitives et comportements répétitifs.