Une image surgit. Elle est violente. Choquante. Complètement contraire à ce que vous voulez.
Et immédiatement, une autre pensée arrive : « Pourquoi ai-je pensé ça ? »
Puis : « Une personne normale penserait-elle quelque chose comme ça ? »
Et enfin : « Et si cela signifiait que je pouvais réellement le faire ? »
La peur peut devenir immense. Pas parce que vous voulez accomplir l'action. Mais précisément parce que cette idée vous paraît inacceptable.
Une pensée intrusive signifie-t-elle que je veux passer à l'acte ?
Non, pas nécessairement. Une pensée intrusive peut prendre la forme d'une image, d'une idée ou d'une impulsion involontaire et contraire aux valeurs de la personne. Le simple fait qu'une pensée apparaisse ne permet pas de conclure qu'elle correspond à une intention, un désir ou un projet réel.
Des pensées indésirables ou étranges peuvent arriver à de nombreuses personnes.
Ce qui peut devenir extrêmement difficile est l'interprétation : « Si cette pensée existe, elle doit signifier quelque chose sur moi. »
Pourquoi ces pensées sont-elles parfois si choquantes ?
Parce qu'elles touchent souvent à ce qui compte beaucoup pour la personne.
Quelqu'un qui accorde énormément d'importance à la protection de ses proches peut être particulièrement bouleversé par une pensée de violence envers eux.
La réaction devient : « C'est horrible. »
Puis : « Pourquoi mon esprit produirait-il quelque chose d'horrible si je n'étais pas moi-même dangereux ? »
La pensée devient alors une enquête sur soi.
Puis-je être certain à 100 % que je ne ferai jamais quelque chose ?
C'est précisément le piège possible. La personne cherche parfois une démonstration absolue :
« Prouvez-moi que je ne pourrai jamais, dans aucune circonstance, perdre le contrôle. »
Aucune personne ne peut obtenir une certitude mathématique sur l'ensemble de son futur.
Le besoin de preuve devient donc impossible à satisfaire définitivement.
Nouvelle analyse. Nouveau test mental. Nouvelle demande de réassurance.
Quels rituels mentaux peuvent apparaître ?
La personne peut essayer de :
- vérifier ses émotions ;
- se demander si elle a ressenti du plaisir ;
- reconstruire exactement la pensée ;
- vérifier ses souvenirs ;
- imaginer la situation pour tester sa réaction ;
- répéter des phrases rassurantes ;
- rechercher sur internet ce que la pensée signifie ;
- demander l'avis de plusieurs personnes.
Ces comportements peuvent donner l'impression : « Je suis simplement en train de réfléchir. »
Mais lorsqu'ils sont répétés continuellement pour obtenir une certitude, ils peuvent devenir une partie de la boucle.
Pourquoi se tester peut-il aggraver le doute ?
Exemple : « Je vais regarder cette personne et vérifier si je ressens quelque chose d'anormal. »
Vous commencez alors à observer chaque sensation. Un léger changement apparaît.
Nouvelle pensée : « Pourquoi ai-je ressenti ça ? »
Puis vous recommencez le test.
L'attention extrême portée aux sensations peut produire encore davantage d'informations ambiguës. La vérification crée alors de nouveaux éléments à vérifier.
Pourquoi Google ne rassure-t-il jamais suffisamment ?
Parce qu'une recherche peut fournir une réponse.
Puis votre esprit demande : « Mais cet article parle-t-il exactement de mon cas ? » Deuxième recherche.
Puis : « Et si l'auteur s'était trompé ? » Troisième recherche.
La recherche d'information devient alors une recherche de certitude. Et internet peut fournir une quantité quasiment infinie de nouvelles possibilités à analyser. C'est notamment pourquoi rechercher une certitude absolue peut maintenir le doute.
Une pensée peut-elle devenir plus fréquente parce que j'en ai peur ?
Oui. Une pensée jugée dangereuse devient importante. Vous commencez à surveiller son retour.
« Est-ce qu'elle va revenir ? »
Pour vérifier si elle revient, vous devez y penser. Son apparition devient alors beaucoup plus visible.
Ce n'est pas nécessairement la pensée qui s'est transformée. C'est l'attention qui lui est accordée.
Faut-il repousser immédiatement une pensée choquante ?
Essayer de la chasser peut parfois renforcer sa place.
Une autre possibilité consiste à remarquer : « Mon esprit vient de produire une pensée que je n'aime pas. »
Sans devoir immédiatement déterminer :
- pourquoi ;
- ce qu'elle signifie ;
- si elle reviendra ;
- si elle prouve quelque chose.
Une pensée n'a pas toujours besoin d'être résolue.
Quand faut-il demander rapidement de l'aide ?
Cette distinction est essentielle.
Pensée intrusive
Une pensée apparaît sans être voulue. Elle provoque souvent peur, honte ou dégoût. La personne ne veut pas la réaliser.
Risque réel
Si vous :
- souhaitez réellement faire du mal ;
- préparez un passage à l'acte ;
- avez un plan ;
- disposez des moyens de le réaliser ;
- craignez réellement de ne pas pouvoir vous empêcher d'agir,
demandez immédiatement une aide professionnelle.
Ne pas utiliser un article internet pour essayer de déterminer seul la présence ou l'absence d'un risque réel.
Quel accompagnement lorsque ces pensées deviennent envahissantes ?
Lorsqu'elles s'intègrent à une boucle importante de doute, d'évitement, de neutralisation et de rituels, une TCC avec exposition et prévention de la réponse peut être indiquée.
Le travail thérapeutique ne cherche pas à prouver définitivement que la pensée ne reviendra jamais.
Il vise notamment à modifier la réponse qui est apportée à son apparition.
Comment je situe mon travail
Mon accompagnement peut porter sur certaines réactions automatiques, émotions et sensations associées à une pensée lorsque cela correspond à mon champ de pratique.
Je ne pose pas de diagnostic.
Je ne présente pas l'hypnose, l'EFT-H®, le RITMO® ou la PNL comme substituts à une prise en charge spécialisée lorsque celle-ci est nécessaire.
Pour situer ce mécanisme plus largement : comprendre pourquoi certaines pensées deviennent envahissantes.
À retenir
- Une pensée intrusive peut être involontaire et contraire à vos valeurs.
- Une pensée n'est pas automatiquement une intention.
- Essayer de prouver continuellement que la pensée ne signifie rien peut paradoxalement lui accorder encore davantage d'importance.
- Les rituels mentaux sont parfois aussi importants que les comportements visibles.
- En cas d'intention réelle de passage à l'acte ou de danger, une aide professionnelle immédiate est nécessaire.
Accompagnement
Julie Besson — praticienne en hypnose Ericksonienne et EFT-H®, également formée au RITMO® et à la PNL. Consultations à Strasbourg et en visioconférence.
Une pensée que vous ne voulez pas avoir finit par occuper une grande partie de votre attention ?
Nous pouvons commencer par identifier la réaction qu'elle déclenche et déterminer si mon accompagnement correspond à votre situation ou si une orientation spécialisée est préférable.
Sources et références
- NHS — informations sur les pensées intrusives et leur distinction avec l'intention.
- Assurance Maladie — informations officielles sur pensées obsédantes et comportements répétitifs.
- NICE — recommandations concernant les traitements psychologiques de référence.


